Chers frères et sœurs,
Recevez nos salutations dans le nom du Seigneur Jésus-Christ, en qui nous sommes tous frères et sœurs, enfants d’un unique Père.
Plusieurs raisons m’amènent à vous proposer ce texte. Au-delà de sa grande clarté, son message est si profond qu’il peut facilement changer toute une vie. En ce qui me concerne, l’apôtre Paul m’a aidé à relire toute une série d’expériences vécues en famille, mais aussi sous d’autres cieux. Ces expériences touchent principalement au vivre-ensemble. Je trouve dans ce message de saint Paul les clés nécessaires pour quiconque souhaite s’intégrer sereinement dans un nouveau lieu, une nouvelle famille ou une communauté, tout en cultivant une double estime : celle de soi-même et celle des autres.
Saint Paul nous exhorte à prendre soin de notre entourage, car il sait que la dignité de chacun en dépend. En effet, si certaines personnes nous élèvent par leur exemple, d’autres peuvent nous détruire. Le proverbe populaire le rappelle bien : « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. » Pourtant, la question des fréquentations reste une source de tensions dans les familles, oscillant entre interdictions et approbations. Elle nous invite à nous interroger : qui est réellement mon meilleur ami, et où cette amitié m’a-t-elle mené ?
Si, pour saint Paul, les fréquentations invitent à la vigilance, le soin de notre propre réputation requiert tout autant notre attention, parce que nous sommes aussi des amis pour les autres. Au sein d’une société en transition où la frontière entre valeurs et antivaleurs s’estompe, les repères moraux dépendent souvent des exigences liées à chaque état de vie. Toutefois, il existe des indicateurs qui semblent être communs : notre attachement à Dieu, notre rapport à l’argent, à autrui — singulièrement au sexe opposé —, ainsi qu’aux plaisirs de la table. Maîtriser ces quatre piliers constitue le fondement d’une réputation intègre.
Le dernier élément mis en lumière par saint Paul revêt une importance fondamentale : la valeur du travail. Notre siècle est traversé par une dérive majeure, celle de mesurer la dignité humaine à l’aune du succès financier, ce qui marginalise inévitablement les plus démunis. L’apôtre nous préserve de cet écueil. L’essentiel, selon lui, réside dans notre participation concrète à la subsistance et à l’épanouissement de la communauté ou de la famille. Si la diversité de nos talents et de nos ressources implique des contributions inégales, l’inertie reste le piège absolu à éviter.
Chers frères et sœurs, bien des éléments restent encore à découvrir dans ce texte de saint Paul. Nous avons cependant voulu proposer cette courte méditation pour nous aider à poursuivre notre pèlerinage terrestre. Notre finalité demeure en effet de devenir saints, comme notre Père céleste est saint, et d’hériter de son Royaume. Ce voyage exige une attention particulière à nos fréquentations, nous invite chaque jour à veiller sur notre conduite et nous offre l’occasion d’évaluer notre contribution au monde.
Sc. Donatien Isengoma, mccj.
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