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Face au coronavirus, Dieu est à l’œuvre… les comboniens aussi

Face au coronavirus, Dieu est à l’œuvre… les comboniens aussi

Aujourd’hui c’est le jour numéro 19 depuis que le Président de la République, Felix Tshisekedi, avait annoncé les mesures pour empêcher la propagation du coronavirus en RD Congo, un pays, pourtant, au point d’être déclaré libre de l’épidémie à virus Ebola. Pour le moment, la RD Congo a enregistrés 183 cas confirmés de coronavirus, dont 20 décès, selon le Ministère de Santé. Avec ce chiffre, notre pays présente le taux de létalité -proportion de décès- le plus élevé de l’Afrique, 10,9% face à 4,6% pour toute l’Afrique, selon les données fournies par le Centre pour la Prévention et le Contrôle des Maladies de l’Union Africaine, citée par Radio France Internationale.

Les évêques de la RD Congo ont vu la gravité de la situation sanitaire du monde et sont conscients du danger que cela suppose pour la RD Congo, dont le système sanitaire est précaire. Ils ont salué les décisions de l’autorité politique et ont demandé aux fidèles de les respecter strictement. Quant à ce qui concerne la pratique religieuse, chaque évêque a donné les directives pastorales à suivre dans son diocèse pour éviter la propagation de la pandémie. A Kinshasa, par exemple, le Cardinal Fridolin Ambongo a arrêté quelques dispositions telles que la suspension des messes publiques en semaine comme les dimanches, la suspension de l’administration publique des sacrements, l’interdiction d’organiser les funérailles à domicile ou dans les structures de la paroisse, entre autres.

Le 24 mars, le président Felix Tshisekedi avait décrété l’Etat d’Urgence Sanitaire ainsi que la mise en quarantaine de Kinshasa, épicentre de la pandémie, du reste des provinces du pays. La réunion du Conseil Provincial du Congo venait d’être clôturée à Kingabwa deux jours avant et les membres du Conseil s’apprêtaient à regagner leurs communautés respectives. Deux d’entre eux, le Père Kaliya de la communauté de Butembo et le Frère Jean-Marie de la Maison Saint Joseph de Kisangani sont restés bloqués à la capitale, car tous les voyages des provinces à Kinshasa et vice-versa sont interdits. Aussi, l’Assemblée zonale de Kinshasa, initialement prévue pour du 23 au 28 mars, a été reportée pour une date ultérieure, à déterminer dans les mois prochains.

Selon le calendrier du P. Léonard Ndjadi, supérieur provincial, publié dans le dernier rapport du Conseil Provincial, ces jours il serait en visite aux communautés de Butembo et aux parents des comboniens de Beni et Oicha qui, ces dernières années, ont vécu les horreurs de l’insécurité et des tueries. Le P. Leonard s’est senti dans l’obligation de s’adapter à la réalité et de mieux profiter de ce temps de confinement, comme lui-même nous le témoigne: “C’est une occasion pour moi de réorganiser ma vie personnelle et communautaire. J’ai annulé tous mes voyages de visite aux communautés et à l’extérieur du pays. Je travaille à partir du bureau pour l’administration de la province; je suis par téléphone, par Whatssap ou e-mail l’évolution de nos communautés et des confrères. Ces jours, je dédie un peu plus de temps à la prière personnelle, je me suis engagé à faire le balayage et nettoyage du réfectoire et de la salle de télévision; je participe à la vaisselle et à toutes les autres activités de la communauté. Aussi, je donne du temps au partage informel avec mes confrères de Kingabwa. J’assume le confinement avec sérénité, car il est vécu pour un bien meilleur: la santé, aussi la prière, la vie communautaire et la formation permanente.”

Les quinze personnes -onze confrères et quatre personnes de passage- qui vivent dans la communauté de Kingabwa se portent bien. Pour se protéger contre la pandémie, la communauté a décidé, au cours d’une réunion extraordinaire, de couper tout contact avec l’extérieur et de ne sortir qu’en cas de force majeure, comme pour faire les achats ou rendre quelques services ponctuels et nécessaires à la paroisse Saint Jean-Paul II. Concernant les services à la maison, la communauté a demandé aux ouvriers -sauf l’un des gardiens- d’aller vivre ces jours avec leurs familles respectives tout en gardant leurs salaires. Cela étant, la communauté a assumé les services de la cuisine, de la buanderie et de la propreté de la maison pendant deux semaines, après lesquelles elle procédera à l’évaluation et prendra des décisions pour les semaines suivantes de confinement.  Quant à ce qui concerne la vie spirituelle, elle s’est engagée à vivre le confinement comme un moment intense de prière, car, ces jours, beaucoup de personnes comptent sur les prières des religieux.


Nous avons aussi contacté les communautés de Bibwa et Kimwenza, qui sont respectivement attachées aux paroisses Notre Dame du Bon Secours et Divine Miséricorde. Le père Nickel Mabuluki, de Bibwa, considère ce temps comme de crise, car, selon lui, il limite la pastorale de la communauté; en même temps, il est en train de découvrir davantage que les gens sont à la recherche de Dieu et qu’ils ont besoin de se rencontrer: “C’est un moment de crise, qui nous empêche de réaliser normalement notre apostolat. Etant des missionnaires « ad gentes », c’est –à-dire, appelés à aller vers les plus pauvres, ce temps constitue un handicap. Néanmoins, ces jours, je sens que les gens ont besoin de la présence de Dieu dans leur vie et qu’ils ont besoin de se rencontrer comme communauté. Beaucoup n’ont pas encore compris que les messes soient suspendues et n’hésitent pas de nous dire qu’ils comptent sur nos prières. Comme communauté, nous avons décidé de célébrer la messe seulement entre nous, mais nous sommes partiellement disponibles pour de petits services que peuvent nous demander nos ouvriers ou les gens qui nous entourent. Je sens aussi qu’il y a plus de présence des membres de la communauté, ce qui est une bonne chose.” 

Quant à la communauté de Kimwenza, le Père Luis López Filiberto nous partage: “Les quatre membres de la communauté se portent bien. Nous sortons très peu, nous restons tous ici pour les moments de prière et autres moments communautaires. Le scholastique Gratien, qu’hier s’est dit un peu fatigué de ce rythme, a commencé à faire de petits travaux de jardinage et de propreté de la maison. Pour les quelques personnes qui arrivent, nous avons mis à disposition un seau d’eau et du savon pour qu’ils puissent se laver les mains. Concernant les ouvriers, nous attendons qu’ils terminent quelques petits travaux ici; dans les tout prochains jours, nous leur demanderons de rester à la maison. Ainsi, nous nous organiserons pour prendre en charge nous-mêmes des services de la communauté à part celui de la cuisine. Pour le moment, nous vivons ce temps  de confinement dans la sérénité.”
 

Les confrères comboniens que nous avons contacté ont dit qu’ils suivent avec beaucoup d’attention l’évolution de la pandémie dans le monde à travers les moyens de communication à leur disposition. Ils ont partagé qu’ils ont compris que la mission vécue dans des circonstances anormales, comme celles que nous expérimentons ces jours, peut être une opportunité de prière, de révision de la vie personnelle, de découverte et développement des talents et de formation permanente. Ils sont en train de travailler chacun à sa manière et sont confiants qu’en ce temps de crise, Dieu est à l’œuvre. C’est pourquoi ils prient pour les personnes et les familles victimes de la pandémie, les agents de santé, le corps scientifique, les autorités politiques et en faveur des plus pauvres, spécialement pour l’Afrique, pour que le Seigneur ne permette pas que ce continent charge le poids qui surpasse ses forces. Et, avant de dormir, leur prière c’est qu’ils se réveillent dans un monde sans coronavirus ou, du moins, transformé par cette pandémie.

Fr. Lwanga Kakule Silusawa

 

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