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Apprends-moi la vraie valeur des jours que tu me donnes

Apprends-moi la vraie valeur des jours que tu me donnes

Du 13 au 18 avril, une trentaine de missionnaires Comboniens du Cœur de Jésus, venus des quatre coins de la province du Congo ont fait halte. Pour ces hommes habitués à vivre au rythme intense de l'apostolat, ces six jours de retraite spirituelle ont été bien plus qu’une simple pause: un vrai retour aux sources. C’est le premier rassemblement d'une telle envergure depuis l’assemblée de février 2023 à Kinshasa.

Dans l’enceinte paisible de la maison Saint Joseph qui a abrité ces assises, le temps semblait suspendu, offrant un espace sacré pour panser les blessures, relire le chemin parcouru et laisser la Parole de Dieu féconder à nouveau les cœurs. Accompagnés par la sagesse du prêtre jésuite NTIMA Nkanza, chaque confrère a plongé au cœur de la prière du psalmiste « Apprends-moi la vraie valeur des jours que tu me donnes.»

Durant sa prédication, le père Ntima a utilisé des mots justes pour toucher le missionnaire dans son humanité. Sa réflexion, centrée sur la métaphore du chant, a particulièrement marqué les esprits. «Notre vie est un chant », a-t-il insisté. Un chant polyphonique, où Dieu est le premier soliste, celui qui fredonne la mélodie de notre existence. Nous chantons pour nous-mêmes; les autres chantent aussi pour nous par leur présence, leur soutien et leur témoignage.

Le jésuite a ouvert une perspective pleine de réalisme en rappelant que la vie missionnaire n’est pas toujours un fleuve tranquille : « Parfois, les autres chantent mal en nous jetant du discrédit, des critiques ou des préjugés », a-t-il expliqué. Ces fausses notes, loin d'être des échecs, deviennent un défi de charité. L’invitation est à chacun de nous d'harmoniser le chant de sa propre vie pour lui redonner la juste mélodie. Cet enseignement a résonné comme un baume sur bien des fatigues accumulées, rappelant que la paix ne vient pas de l’absence de conflit, mais de la capacité à accorder son cœur à celui du Christ.

Entre enseignements, conversations spirituelles et prière personnelle, la retraite a recréé ce tissu de communion avec Dieu et entre les confrères. Ainsi, les retraitants ont réappris que, dans le tumulte des défis de la province du Congo, le chant de leur vie reste précieux. Ils repartent non seulement avec des résolutions, mais aussi avec cette certitude ancrée au plus profond d’eux : si Dieu est le compositeur de l’histoire de chacun ainsi que de celle de l’institut, il appartient à chacun, avec humilité et persévérance, d’en être l'interprète le plus fidèle.

Ces six jours n’ont pas seulement permis de refaire les forces; ils ont agi également comme un sas de préparation pour l’assemblée provinciale, à laquelle prendront part plus de soixante missionnaires comboniens, pour discuter des thèmes importants qui concernent la vie de la province.  Les comboniens du Congo seront en communion avec tout l’institut combonien, avec présence, à Kisangani, du P. Luigi Codiani, supérieur général des Missionnaires Comboniens et du P. Elias Sindjalim, assistant général chargé de l’Afrique Francophone.
P. Romain Tollet, mccj

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